
Intention
"La permaculture est un art parce qu'elle nous apprend à écouter le vivant, à composer avec lui dans un rapport à la nature holistique où chaque élément de l'écosystème trouve son l'équilibre..."
L'origine de l'élan:
Relier mes deux passions, l'art et la permaculture. C'est peut-être mon "oeil-d'artiste" et ma façon de concevoir mes oeuvres, dans un certain rythme, en prenant du recul, en méditant pour créer de l'harmonie. Ce même processus, dans un dialogue avec le vivant, observer avant d'agir, écouter les équilibres faire avec ce qui est déjà là. Il y avait l'art d'un côté et la terre de l'autre.
Puis peu à peu, une évidence s'est imposée, les gestes du jardin rejoignaient les gestes de la création. Le soin porté au sol répondait au soin porté aux formes.
Et la forme qui a fait le lien entre les deux, comme un support pour manifester ces énergies, m'a été proposé. C'est ma belle soeur spécialisée et experte dans le domaine des courges qui m'a un jour, apportée "une coloquinte".
Ces courbes, sa rondeur, cette ligne vivante, sculptée par la nature, est une source d'inspiration infinie qui résonne avec le plus profond de mon être. Et dans un dialogue silencieux, elle répond à son objectif, de servir de support à mon art.
Dans cet élan de perpétuel évolution indivuduelle, la coloquinte me suit, et au fur et à mesure de mes transformations, elle passe d'objet de décors, à oeuvre d'art, à un support rituel symbolique qui capte les énergies puissantes des archétypes de l'inconscient collectif.
Ce projet s'inscrit dans un espace paradoxale, entre la nécessité de produire des coloquintes pour ensuite créer une collection d'oeuvre symbolique, puis la diffuser. Structurant une feuille de route planifiée, mais qui reste ouvert aux alés du vivant, des rencontres, et des énergies qui s'invitent un temps à répondre à une partie du projet, à y participé, le laissant se modeler, dans un détachement bienveillant, avec la conviction qu'il trouvera son chemin. Le lâcher prise pour lui donner la liberté de croître avec les autres.
Comme une impulsion qui répond à cette question essentielle: "Qu'est-ce que l'on partage ensemble ?" Tout le reste n'est que prétexte pour faire du lien. Tisser un fil, laisser chacun coudre sa partie, pour créer une oeuvre collective.
La permaculture comme langage artistique:
Dans la permaculture, chaque élément à sa place et sa fonction et ses interactions créent un écosystème harmonieux. De la même manière, en art, chaque couleur, chaque geste, chaque forme à un rôle dans l'oeuvre. Au jardin Nelson Mandela, qui porte ce nom, justement car une partie des cultures est faîtes sur un terrain dessiné en forme de Mandala. Il y a une notion de cercle, de parcelles en jachères qui se régénèrent. La forme géométrique ronde invite la personne à voyagé dans des cycles de croissance et de décroissance.
La permaculture inspire un langage poétique, chaque geste devient artistique dans la façon de prendre soin des plantes, de se connecter à l'environnement, d'observer comment elles évoluent, d'anticiper les maladies, d'y intégrer des méthodes de prévention naturelles.
Prendre le temps de se caler sur le rythme des plantes, à travers les cycles et les saisons, comme l'artiste prend le temps de trouver l'inspiration dans le silence de la méditation.
Composer des oeuvres dans l'harmonie des couleurs comme la jardinier associe entre elle, les bonnes combinaisons entre les plantes. Il y a des règles pour structurer ce qui est beau mais il faut aussi se laisser guider par son intuition.
Créer en permaculture, c'est inviter le spectateur à devenir acteur. Semer, récolter, participer aux cycles naturels, chaque geste devient une performance artistique vivante, une transformation en continue.
Une intention humaine et spirituelle:
L'oeuvre ne se limite pas au visuel, elle nourrit, connecte, et transforme. c'est un rapport au vivant, prendre soin, écouter, nourrir. Dans un collectif, c'est un support à faire du lien, à libérer la parole. Ces sont des points de rencontre, des espaces où l'humain retrouve sa place dans le tissu de la vie.
La notion d'éphémère dans les cultures du Mandala renvois à la même pratique que les Bouddhistes. Qui voient notre présence comme un passage, invitant à l'éveil de la conscience, dans notre attention aux cycles, aux énergies et aux interactions.
Revenir à l'extraordinaire dans l'ordinaire, dans les choses simples. Et faire de ces processus créatifs (semer, cultiver, observer, transformer...) des rituels, des actes méditatifs qui nourrissent l'intérieur.
Comme l'artiste explorateur et alchimiste de l'inconscient collectif qui trouve dans les puissances invisibles des énergies transformatrices.
Rappelant la nécessite et la responsabilité de s'engager dans des intentions humanistes, pour maintenir l'harmonie dans le chaos.
L'artiste-permaculteur ne se limite pas à créer pour posséder: il ouvre un espace sacré d'échange, créant des ponts et des interactions enter le visible et l'invisible. Incarnant une conscience vivante, fluide en perpétuelle renouvèlement.
Une forme évolutive:
Le projet n'est pas conçu comme une forme figée, mais comme un organisme en évolution constante, à l'image des écosystèmes qui se régule naturellement. Se laissant transformer au rythme des saisons, s'adapte au contexte, aux lieux et aux personnes qui le traversent. L'oeuvre vit dans le temps long, elle accepte l'imprévu, l'erreur pour grandir, l'imperfection, et la métamorphose comme parties intégrantes de sa beauté.
La forme évolutive intègre la lenteur, le silence, et la patience comme des composantes essentielles du processus artistique et spirituel.
Chaque rencontre, chaque participant, bénévole, spectateur, observateur, habitants, deviennent co-créateurs de l'oeuvre consciemment ou non. La création ne se possède pas, elle se partage. Tout y est partager, de la création des coloquintes avec des associations, des collectifs de maraîchers, des particuliers, de la famille, des agriculteurs amateurs et professionnels, jusqu'à la réalisation des oeuvres qui sont à louer pour un prix dérisoire. Restant concentré sur l'intention initiale à chaque étape du projet, de la réalisation des coloquintes, jusqu'à la diffusion des oeuvres. Relier la terre au art du vivant.
"...Ce projet est une invitation à cultiver ensemble, à créer avec la terre, et à laisser l'art devenir un geste vivant"

